J’ai pris du retard dans la publication de mes chroniques littéraires. Après un mois de septembre plutôt mouvementé dans ma vie personnelle et puis un magnifique début de mois d’octobre passé aux côtés des gens qui font le Web, voici le retour des billets consacrés aux livres. Ma routine a été quelque peu chamboulée, mais je reviens à la surface petit à petit.

Pendant les vacances d’été j’avais pris beaucoup d’avance dans mes lectures. Puis ce fameux septembre est arrivé et mon rythme de lecture s’est trouvé très ralenti. J’espère pouvoir tenir le cap maintenant.

Aujourd’hui je vais vous parler d’un livre que j’avais dans ma PAL depuis plusieurs années. On me l’a offert. Ce qui sous-entend que c’est un livre qui a plu à la personne qui m’en a fait cadeau. On me l’avait aussi conseillé et plusieurs personnes de mon entourage m’ont dit l’avoir beaucoup aimé. Et comme il fait partie de mon challenge Petit Bac (que j’espère terminer, j’y crois !) je me suis enfin décidée à le tirer de ma pile de livres en attente de lecture.

Est-ce que vous me connaissez bien ? Avez-vous déjà une idée de ce que j’en ai pensé ? Commençons par le début.

L'élégance du hérisson

Muriel Barbery – L’élégance du hérisson

Les premières phrases du livre

– Marx change totalement ma vision du monde, m’a déclaré ce matin le petit Pallières qui ne m’adresse d’ordinaire jamais la parole.
Antoine Pallières, héritier prospère d’une vieille dynastie industrielle, est le fils d’un des mes huit employeurs. Dernière éructation de la grande bourgeoisie d’affaires – laquelle ne se reproduit que par hoquets propres et dans vices -, il rayonnait pourtant de sa découverte et me narrait par réflexe, sans même songer que je puisse y entendre quelque chose. Que peuvent comprendre les masses laborieuses à l’oeuvre de Marx ? Le lecture en est ardue, la langue soutenue, la prose subtile, la thèse complexe.

Une concierge, une ado et un Japonais

On découvre à tour de chapitre la vie de Renée, concierge au 7 rue Grenelle, et celle de Paloma, petite fille de 12 ans, qui vit à la même adresse. Elles ne se connaissent pas vraiment.

Renée est une femme qui essaie de donner d’elle l’image d’une concierge quelconque, qui lit télérama, qui regarde la télé à longueur de journée. Elle essaie, car en réalité, elle est une personne lettrée. Elle adore Tostoï.

Quant à Paloma, cette dernière est une petite fille à l’intelligence au-dessus des autres. Elle se sent un peu perdue par rapport à son entourage : sa famille et ses amis de classe. Incomprise, elle planifie de mettre fin à ses jours.

Le Japonais est un nouvel habitant de l’immeuble qui finira par devenir le trait d’union entre Renée et Paloma.

L’étalage gratuit de la confiture

Avec le titre de ce paragraphe vous devez deviner sans aller très loin dans la lecture ce billet que je ce livre ne m’a pas du tout plu.

Et en écrivant le titre de ce paragraphe, cela m’a ramenée à la baseline de ce blog… « La lecture, la culture, j’étale ma confiture ». Mais pour mettre les choses au clair, cette baseline vous ne devez pas la prendre au pied de la lettre. Je parle beaucoup au second degré. Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas une intello bobo. J’aime juste lire et j’aime partager cela avec d’autres passionnés.

Donc pour revenir à nos moutons, je trouve ce livre d’une pédanterie extrême. J’ai juste eu l’impression que l’auteure a voulu rassembler ici toute sa culture générale et nous montrer tout ce qu’elle savait sur tout. Elle a juste étalé ses connaissances sans même donner d’explication. Et si vous n’avez pas lu Tolstoï vous allez vous retrouver comme une « merde » (passez-moi l’expression) devant cette concierge qui en sait beaucoup plus que vous. Cette concierge qui ne veut montrer à personne qu’elle a de la culture générale, qu’elle aime lire, et qu’au fond elle n’est pas si con. Oui madame !

Pourquoi ? J’ai trouvé cette (fausse) modestie mal placée. Parce qu’en plus, plus on tourne les pages plus elle dénigre ces gens qui n’ont pas de culture générale. Elle passe son temps à juger les autres. Une culture qu’elle ne partage finalement avec personne puisqu’elle n’aime personne. Cette femme est d’une aigreur !

Franchement, je n’ai pas compris où Muriel Barbery a voulu en venir. A-t-elle voulu juste s’adresser à l’élite ?

C’est dommage, parce que j’aime bien l’idée de cette concierge qui aime lire et qui aime apprendre. Justement, cela veut dire que ce n’est pas parce qu’on ne fait pas partie de la crème de la société qu’on n’aime pas la littérature, la musique ou l’art.

Et encore, je ne vous parle ici que de la concierge. Parce qu’il y a aussi Paloma, enfant surdouée qui prévoit de se suicider parce que les autres ne la comprennent pas. Un cliché pour moi.

Bref, je trouve ce livre très réducteur. Et si vous n’avez pas encore lu Tolstoï (ou même que vous ne prévoyez pas de le lire) passez votre chemin.