Le challenge Destination Iran prend fin aujourd’hui. Comme prévu, je dévoile le livre que j’ai lu dans le cadre de ce défi.

Cela faisait très longtemps que j’avais en ma possession le livre de Marjane Satrapi. Je vous ai avoué dans mon billet de présentation du challenge que j’avais oublié que je l’avais en ma possession (J’ai tellment de livres ! Mais j’aime bien ce genre de découverte 🙂 ). La raison de cet oubli est simple : c’est une BD, je l’avais donc rangé dans le rayonnage approprié. Je ne suis pas une très grande fan de bandes dessinées, j’en lis très rarement, c’est pourquoi je l’avais oubliée.

J’avais acheté le « monovolume » de ses quatre livres au moment de la sortie de son film, tirée de cette BD, en 2007. J’ai préféré lire, plutôt que d’aller au cinéma.

Persepolis marjane satrapi

Le début

– Ça c’est moi quand javais dix ans. C’était en 1980.
– Et ça, c’est une photo de classe. Je suis assise à l’extrémité gauche, alors on ne me voit pas. De gauche à droite: Golnaz, Mahshid, Narine, Minna.
– En 1979, il y a eu une révolution qui a été appelée plus tard « la Révolution islamique ».
– Puis vint l’année 1980 : la première année où le port du foulard devint obligatoire à l’école.
– Nous n’aimions pas beaucoup porter le foulard, surtout qu’on ne savait pas pourquoi.

L’histoire

Cette BD est autobiographique. Nous faisons la connaissance de Marjane alors qu’elle a 10 ans. Elle est la fille d’une famille aristocratique de Téhéran, dont les idées politiques penchent vers le communisme. Elle nous raconte comment l’Histoire de ce pays a basculé, en particulier au moment de la Révolution Islamique. Ainsi, le premier tome est dédié à son enfance. Le tome 2 est dédié à son adolescence, alors que des affrontements éclatent en Iran. Dans le tome 3 nous la retrouvons en Autriche où ses parents l’envoient pour la protéger et pour qu’elle garde sa liberté. Enfin, le tome 4, elle retourne en Iran, avant de quitter définitivement ce pays en 1994.

Mon avis

Encore une fois je viens de lire quelque chose sur des faits qui ont fait partie du contexte de mon enfance. Je me souviens très bien, encore aujourd’hui, de cette guerre Iran/Irak dont on ne cessait de parler dans les tous journaux télévisés. Ici aussi, je n’avais jamais approfondi la question. J’en entendais tellement parler à cette époque que ça faisait partie des choses « normales » qui se passaient dans le monde. Et puis,  au moment des faits j’étais une petite fille de 9 ans, donc je ne m’étais pas attardée sur la chose.

Ce que j’ai aimé avec ces quatre BD, c’est que l’auteure, grâce à son témoignage, nous raconte l’histoire de l’Iran vue de l’intérieur. Elle traite même du sujet avec humour. Nous vivons le quotidien des Iraniens, ou du moins, le quotidien d’une famille aristocratique et communiste. Mais, quand même, on a une bonne idée de la manière dont les gens vivaient dans ce pays à ce moment là. Nous regardons l’histoire de l’Iran, d’abord à travers les yeux d’une enfant, puis à travers ceux d’une ado et enfin avec les yeux d’une jeune adulte. Je n’avais vraiment aucune idée de la manière dont on pouvait vivre dans ce pays en guerre.

On est témoin de la façon dont la vie des Iraniens a totalement changé du jour au lendemain. En particulier, ces femmes et ces petites filles qui ont du commencer à porter le foulard. Ils vivaient une vie plus que normale, quand soudain la répression s’instaure. Mais malgré cela, Marjane (comme ses parents) essaye de faire en sorte que la vie continue. Ado,  elle aime ces groupes de musique occidentaux des années 80, elle aime Kim Wilde, elle veut aussi acheter des cassettes audios ou encore des posters à accrocher dans sa chambre. Mais tout ça elle doit le faire en cachette. Elle aime les Jeans, elle aime la mode, mais elle doit sortir complètement cachée sous son voile. Elle nous fait comprendre que les femmes ne se couvrent pas forcément par volonté.

Sa famille, très ouverte d’esprit, et leurs amis essayent de continuer à vivre normalement, ils organisent des fêtes. « Bref, la vie continue. »

Et puis, on assiste à toutes ces scènes de violences qui font aussi partie de la vie de tous les jours. La mort qui les touche de près. Marjane Satrapi nous raconte aussi sans pudeur qu’elle a eu parfois des agissements répréhensibles envers certaines personnes de son entourage.

Enfin, le graphisme retranscrit parfaitement l’austérité qui règne dans le pays.

Voici un livre qui va rejoindre la liste des livres que je recommande et j’espère avoir l’occasion de le relire.