Giorgio Bassani, Gli occhiali d'oro

Giorgio Bassani, Gli occhiali d’oro

En septembre dernier je décidais de me lancer dans le challenge littéraire lancé par le Blog les livres de Georges et qui consiste à lire des livres en italien. Malheureusement, cet hiver, happée par mes études, je n’ai pas beaucoup lu et j’avais laissé de côté ce challenge. C’était peut-être aussi une espèce de procrastination, ou une certaine appréhension, car j’avais quand même peur de ne pas y arriver (c’est tout moi ça…).

Et puis je me décidée. Alors je suis allée tirer de ma bibliothèque ce livre de Bassani qu’on m’avait offert.

Livre en italien oblige, les premières lignes que je vais citer seront en italien…

Les premières phrases…

Il tempo ha cominciato a diradarli, eppure non si puo’ ancora dire che siano pochi, a Ferrara, quelli che ricordano il dottor Fadigati (Athos Fadigati, sicuro-rievocano-, l’otorinolaringoiatra che aveva studio e casa in via Gorgadello, a due passi da piazza delle Erbe, e che è finito cosi’ male, poverouomo, cosi’ tragicamente, proprio lui che da giovane, quando venne a stabilirsi nelle nostra città dalla nativa Venezia, era parso destinato alla più invidiabile delle carriere…)

En résumé…

L’histoire se passe dans les années trente. Athos Fadigati est un médecin réputé. Toute la bourgeoisie de la ville de Ferrare se rend à son cabinet. Alors qu’il atteint la quarantaine, cet homme n’est toujours pas marié, il ne fréquente aucune femme. Cet état de fait commence à faire jaser les gens. Serait-il homosexuel ? Les rumeurs vont bon train. Le docteur est amené à prendre régulièrement le train avec un groupe de jeunes étudiants. Des liens se tissent. Puis l’été arrive et l’on retrouve Fadigati dans la ville balnéaire de Riccione, autour de quelques familles juives, clientes du docteur. A cette occasion, la vérité va surgir. L’histoire se termine de manière tragique.

Mon avis…

Avant toute chose, il faut que je vous dise que cette lecture en italien a été pour moi une véritable révélation. Moi qui vais si peu souvent dans mes terres d’origines, j’ai pu retrouver dans ce livre mes racines. J’ai tout simplement adoré lire en italien. J’avais vraiment peur de ne pas y arriver, car j’ai parfois voire souvent rencontré des termes que je ne comprenais pas. Mais avec un peu de persévérance, j’ai retrouvé mon vocabulaire et la facilité de lecture est arrivée rapidement. Je vais donc continuer dans ma lancée et dorénavant je lirai les livres d’auteurs italien dans ma langue maternelle. Bon peut-être pas tous… Je ne suis pas sûre d’arriver à lire Umberto Eco en italien…

Sinon, j’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai tout adoré : le style littéraire, le style narratif qui est vraiment particulier. Je me suis retrouvée à vivre l’histoire, je suis très vite rentrée dedans. Il m’a beaucoup fait pensé au cinéma italien que j’adore. J’ai d’ailleurs appris que Bassani était l’auteur de « Il giardino dei Finzi-Contini ». Je me rends compte de mon ignorance en littérature italienne…

Le thème du livre est plutôt d’actualité puisqu’il traite de l’homosexualité. L’histoire est dure. Elle se déroule dans un climat politique particulier qu’est la montée du fascisme et la naissance des lois raciales. Le narrateur est lui-même de confession juive. Tout le monde se préoccupe de l’homosexualité de Fadigati et tout le monde va tout faire pour le discriminer, sans se préoccuper de ce qui pourrait arriver aux juifs. Et pourtant les homosexuels, tout les comme les juifs, seront victimes du nazisme. Ce livre m’a beaucoup émue.

Quelques mots sur l’auteur…

Giorgio Bassani naît à Bologne en 1916. Mais il vit la majeure partie de sa jeunesse à Ferrare. Il entreprend des études de Lettres et sort Lauréat de la faculté des Lettres de Bologne. Etant de confession juive et subissant les lois raciales, il écrit son premier roman sous un pseudonyme. Bassani est un militant antifasciste ce qui lui vaudra d’être incarcéré une année, en 1943. Il écrit beaucoup dans les années 1950. Il meurt à Rome en 2000.

Sinon,  concernant le challenge, je m’étais donné de lire 3 livres d’ici le 31 octobre 2013. Je pense que je vais lire « Il giardino dei Finzi-Contini » de ce même auteur, bien qu’ayant vu le film réalisé par Vittorio de Sica. Il est vrai que je n’aime pas lire les livres après avoir vu leur adaptation au cinéma. Mais je vais faire là une exception, car cela fait assez longtemps que j’ai vu le film, donc il ne me reste que très peu d’images dans la tête.

Enregistrer