Quand Florence nous a proposé cette lecture de Yannick Grannec, je dois avouer que j’ai eu une petite appréhension. J’étais un peu réticente par rapport au sujet. En effet, quand elle nous a présenté ce livre, j’ai compris qu’il parlait d’un mathématicien. Or les maths et moi, ça fait 3 (oui, oui, pas 2, 3 !)

Justement, la richesse de mon club de lecture, c’est qu’il m’aide à repousser mes limites. Depuis que je l’ai créé (cela fait déjà quatre ans!) j’ai découvert des auteurs, des livres que je n’aurais peut-être pas choisis de par moi-même. La plus grosse claque que j’ai reçue est la lecture du roman d’Alain Damasio avec La Horde du Contrevent et qui m’a laissé une trace indélébile.

Mais revenons à nos moutons.

Quand j’ai eu entre les mains l’exemplaire du livre de Yannick Grannec, j’ai commencé par le feuilleter. Et là, que vois-je ? Je lis qu’elle habite dans le sud-est de la France. Sur les mêmes terres que moi ! Je me suis permise de la contacter et lui ai demandé si elle voulait bien participer au débrief de son livre lors du prochain rendez-vous du Club, ce qu’elle a accepté ! Je la remercie beaucoup de ce beau cadeau qu’elle nous a offert !

Yannick Grannek en compagnie des membres du Club de Lecture Chapitre Onze à nice

La vie de Kurt Gödel à travers les yeux d’Adèle

Nous sommes en 1980. Anna est documentaliste à l’Université de Princeton. Elle est chargée de récupérer les archives du très remarquable mathématicien, Kurt Gödel, décédé deux ans auparavant. Pour mener à bien cette tâche, elle doit convaincre Adèle, la femme du génie, qui vit dans une maison de retraite. Elle lui rend visite chaque jour et va petit à petit gagner sa confiance. Adèle lui raconte son histoire de vie de couple avec Kurt Gödel, depuis leur rencontre jusqu’à la mort de celui-ci, en passant par leurs soirées passées entre amis, avec notamment Albert Einstein. Ce brillant homme qui a publié les  Théorèmes d’incomplétude, n’est pas facile à vivre. C’est un génie atteint de psychose paranoïaque ; paranoïa qui le mènera vers l’anorexie. C’est donc sa vie racontée par Adèle.

Adèle fait preuve d’un immense amour envers Kurt

Nous avons tous apprécié ce livre. La plupart d’entre nous ne connaissait pas Kurt Gödel. D’une manière générale nous  avons apprécié l’alternance entre le présent et le passé et avons pris  beaucoup de plaisir à le lire. Christine lui a trouvé un style d’auteur américain. Anne-Lise n’aurait jamais lu ce genre de bouquin et pourtant elle l’a dévoré. Plusieurs d’entre nous l’ont aussi apprécié parce que, même si romancé, c’est un ouvrage qui quand on l’a terminé, nous à appris quelque chose ; c’est un livre très instructif. C’est une rencontre entre deux mondes : la littérature et les mathématiques. Nous avons aussi beaucoup aimé les dialogues que Yannick Grannec a créés, et en particulier les discussions entre Gödel et Einstein.

Enfin, c’est une mise en lumière d’Adèle dont il faut apprécier le courage et la patience de vivre auprès de cet homme paranoïaque, comme dit plus haut, mais aussi hypocondriaque. Ce ne peut être qu’un amour inconditionnel, une belle preuve d’amour qu’elle porte à son mari. Il faut reconnaître que Kurt Gödel est à la fois attachant et antipathique, voire insupportable. Pourtant elle lui consacre sa vie.

Un livre très documenté

Le livre présente quelques longueurs, mais elles passent vite car l’auteure, grâce à son style, arrive à nous capter jusqu’au bout. Dans les passages du moment présent, Anna, notre documentaliste, passe du temps avec le fils de son Directeur. Yannick Grannec a réussi à ne pas tomber dans le côté cliché d’amourette ou d’amour entre eux, comme d’autres auteurs auraient pu le faire.

Tout se passe sur fond d’Histoire des années 30, avec la montée du Nazisme, depuis l’Autriche jusqu’aux Etats Unis.

On apprécie enfin, la note de l’auteure à la fin du livre.

On sent bien qu’elle s’est documentée pour écrire ce roman. Il qui m’a personnellement donné envie d’en connaître plus sur le vie de Gödel, mais aussi sur celle d’Albert Einstein.

Florence avait envie d’ouvrir son esprit littéraire et voulait être confrontée à des choses qu’elle n’a pas l’habitude d’aimer. Elle a trouvé un côté philosophique notamment, grâce à certaines discussions qui l’ont faite réfléchir. Du coup nous avons tous étés emportés avec elle.

C’est une véritable surprise pour moi car jamais je n’aurais cru, qu’un jour je lirais un livre sur le thème des mathématiques !

Yannick Grannec répond à nos questionnements

Alors qu’elle était en Prépa., il y avait un livre qui tournait dans l’internat : c’était celui de Douglas Hofstadter, Gödel, Escher, Bach. Elle a été très vite fascinée et s’est trouvée une passion pour les livres de vulgarisation des maths. Suite à la visite d’une exposition à Vienne, elle est tombée sur un extrait qui parlait d’Adèle. Ce qui l’amène a vouloir écrire un livre sur ce sujet.

Elle recueille ainsi un maximum d’informations pour écrire un livre sur Gödel. Elle se déplace partout où ils ont vécu. L’écriture de ce roman lui a pris un an de recherches et quatre années pour l’écrire. Elle ne l’a pas écrit de manière linéaire, mais en développant plusieurs idées qu’elle a reliées entre elles. Ce sont beaucoup de chose qu’elle a longtemps intériorisées.

Elle a choisi l’alternance passé/présent afin de reposer son mental. Car il y a beaucoup de choses à dire et c’est une histoire très dense.

Elle a été très étonnée de trouver très peu d’informations, voire pas du tout, sur la position des Gödel face au Nazisme, qu’ils ont fui quand ils sont partis vivre aux US.

Il n’est pas étonnant de trouver à son style un côté américain, car elle s’est nourrie de littérature américaine.

Un grand merci à Yannick Grannec de nous avoir fait l’honneur de sa présence !

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