Pour cette séance du Club de Lecture, la littérature nordique a fait son retour. Julie nous a proposé ce livre, car Arto Paasilina est un auteur qu’elle apprécie beaucoup. Décidément, je suis vraiment contente d’avoir créé ce petit groupe d’amateurs de littérature, car il me fait découvrir de nouveaux horizons littéraires et j’aime ça.

Arto Paasilina, petits suicides entre amis (Couverture)

Le début

Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l’apathie. Une insondable lassitude plane sur ce malheureux peuple et le courbe depuis des milliers d’années sous son joug, forçant son âme à la noirceur et à la gravité. Le poids du pessimisme est tel que beaucoup voient dans la mort le seul remède à leur angoisse. Le spleen est un adversaire plus impitoyable que l’Union soviétique

L’histoire

Dès le début nous faisons la connaissance de Rellonen. C’est le matin de la Saint Jean. Il est assis sur le perron de sa maison, une bière à la main. C’était un homme d’affaires. Son entreprise est en faillite. Sa vie de famille est des plus médiocres. Ce matin-là il prend la décision de mettre fin à ses jours. Il s’en va dans la forêt, trouve une grange pour aller se tirer une balle. Mais, la grange est déjà occupée par un homme qui est sur le point de se pendre. Et voilà que Rellonen lui sauve la vie. Les deux hommes finissent par se lier d’ amitié. Durant l’une de leurs discussions, pensant qu’ils ne doivent pas être les seuls à avoir pensé à mettre fin à leurs jours, ils décident de passer une petite annonce dans le journal, demandant à tous ceux qui auraient des envies suicidaires, de leur écrire. Ils reçoivent quelques 600 lettres !

Nos avis

Mirela a assez bien aimé la lecture de ce roman, en particulier le voyage initiatique dans lequel les personnages nous entraînent. Ils vivent une aventure qui va les souder. Ce roman est touchant et délivre un beau message, comme quoi la vie vaut la peine d’être vécue. Elle n’a cependant pas apprécié le style qu’elle a trouvé assez austère à cause de l’utilisation un peu trop importante du passé simple.

Christine l’a trouvé distrayant. Elle qui est fan de l’humour anglais, elle l’a trouvé un peu plus, voire trop, en retenue. Elle a aimé les clins d’œil rigolos, la légèreté, la manière de traiter la vie. Le style ne l’a pas gênée. Malgré le côté caustique de cette histoire, elle aurait bien aimé que l’auteur aille plus loin dans l’ironie.

Nadine n’était pas attirée par le livre. Elle a trouvé l’idée amusante, mais ne trouve pas qu’elle soit si loufoque que ça. Elle a trouvé que Paasilinna n’est pas allé assez loin en profondeur. Elle aurait aimé qu’il y ait plus de réflexion.

Sandrine n’a pas aimé. La lecture ne l’a pas trop dérangée jusqu’au milieu du livre, mais plus elle avançait dans la lecture, plus elle avait hâte que cela se termine pour passer à autre chose.

Alain a trouvé que c’était une bonne représentation de la société finlandaise, mais ne l’a pas trouvé si intéressant. Lui aussi a trouvé que l’auteur n’a pas poussé assez loin les délires de ces personnes.

Florence a aimé la morale du livre, même si elle aussi a été gênée par le style. Cependant, elle regrette de ne pas avoir pu cerner plus les personnages. Elle a trouvé des longueurs de description. Comme Christine et Alain elle pense que le côté loufoque n’est pas assez poussé. Enfin, elle trouve qu’il méritait plus de psychologie et d’émotion.

Julie, pour qui ce livre était une relecture, a beaucoup moins apprécié cette seconde lecture. Elle a lu plusieurs romans de Paasilinna. Elle trouve finalement que le style est toujours le même, que les personnages se ressemblent d’un roman à l’autre. Elle est lasse de cet auteur.

Quant à moi, je m’aperçois que la littérature nordique (mis à part les romans policiers) n’est pas ma tasse de thé. Je n’avais déjà pas du tout aimé Le caveau de famille et Le mec de la tombe d’à côté et encore moins Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. J’ai mis du temps à comprendre qu’il fallait prendre ce livre au second degré. Il est clair maintenant que je n’accroche pas à l’humour nordique. Et pourtant, ceux qui me connaissent le savent, je parle beaucoup au second degré et mon humour peut être parfois grinçant, mais là rien n’y fait. S’il fallait cependant que je donne un ordre de préférence parmi ceux que j’ai lus, celui-ci est celui que j’ai un peu plus apprécié. J’ai trouvé qu’il est plutôt bien écrit et je n’ai pas été gênée par le style.

D’une manière générale, ce n’est pas un livre qui aura beaucoup marqué les esprits de notre cercle littéraire.

(A noter : Julie avait proposé aussi de lire un autre roman de Paasilinna, Le lièvre de Vatanen. Plusieurs d’entre nous (pas moi) l’ont lu et l’ont mille fois préféré à Petits suicides entre amis)

L’auteur

Arto Paasilinna est un auteur Finlandais né en 1942. C’est un auteur très connu et incontournable en Finlande. Son œuvre est prolifique et se caractérise d’une manière générale par l’utilisation du second degré. Plusieurs de ses romans ont été traduits dans plus de 20 langues.


Petits suicides entre amis, Arto Paasilinna, Folio, 1990. 291 pages. ISBN : 978-2-07-045863-9.