La semaine dernière le cercle de lecture s’est réuni autour du livre d’Alain Damasio. C’est Christine qui nous a proposé cette lecture. Un livre classé dans la catégorie des livres de science fiction, mais qui ressemble plus à un livre d’aventure. C’est un livre qu’elle lit et relit et relit

Les avis sur la Horde du Contrevent, vous allez le voir, sont très mitigés.

Alain Damasio, La horde du contrevent

Le début

A la cinquième salve, l’onde de choc fractura le fémur d’enceinte et le vent sabla cru le village à travers les jointures béantes du granit. Sous son casque, le son atroce du roc poncé perce, mes dents vibrent – je plie contre Pietro, des aiguilles de quartz crissent sur son masque de contre. A terre, dans la ruelle qui nous couvre, deux vieillards tardifs qui clouaient un volet ont été criblés ; plus loin au carrefour, je cherche en vain la poignée de mômes qui crânaient front nu en braillant des défis que personne, pas même nous, ne peut à cette puissance, et sous cette viscosité d’air, relever.

L’histoire

Une équipe de 22 personnes, hommes et femmes, une horde, a entrepris un voyage il y a bien des années, alors qu’ils ne sont que des enfants. Ils sont en quête de l’origine du vent. Ils sont partis à pied et doivent finir ainsi ce voyage pour atteindre l’Extême Amont, là où le vent prend sa source. Ils vont affronter des vents très violents. Ce voyage est une vraie lutte. Cette équipe n’a pas été formée par affinités, non, ils ont juste été choisis pour faire partie de cette horde. Ainsi, malgré des caractères très différents, des divergences d’opinion, ils restent unis dans la difficulté. Ils ne sont pas les premiers à entreprendre ce voyage, ils font partie de la 34ème horde. Les précédentes n’ont jamais atteint leur but. Eux, y réussiront-t-ils ?

Nos avis

Deux avis différents ressortent de la lecture de ce roman : Florence, Alain, Mirela et Nadine ne sont pas allés jusqu’au bout de la lecture.
Outre Christine qui adore ce livre, vous l’aurez compris, Sandrine et moi l’avons beaucoup beaucoup aimé.

Florence n’a pas du tout aimé. Elle n’est pas arrivée à rentrer dans l’histoire et comme elle n’aime pas se forcer à lire, elle a préféré abandonner. Alain a été surpris, s’est trouvé perdu. Il s’est demandé pourquoi Christine aime tant ce livre. Lui, n’a pas du tout accroché au style. Il avait aussi l’impression de perdre son temps. C’est un des rares livres qu’il n’a pas terminés, même s’il adore les livres de Science Fiction. Nadine, rejoint Alain pour ce qu’elle a pensé du livre, mais a quand même lu 300 pages.
Mirela a commencé à lire sans à priori. Elle a l’habitude de s’accrocher quand elle commence à lire un bouquin. Mais ici, cette lecture n’a rien éveillé en elle, elle s’est même sentie punie. Pour elle, la lecture doit rester un plaisir, c’est pour cela qu’elle ne l’a pas terminé.

Christine nous avait avertis qu’il fallait s’accrocher au début. Qu’il fallait passer les cent premières pages pour enfin trouver une histoire époustouflante. Sandrine et moi sommes d’accord sur le fait que ce ne sont pas 100 pages qu’il faut réussir à passer, mais plutôt 300. Une fois passé ce cap, oui, c’est vrai, on vit une aventure plus qu’originale.

Je dois dire que j’ai eu énormément de mal jusqu’à ces fameuses 300 pages. A plusieurs reprises j’ai aussi pensé à l’abandonner. Il y a des passages qui traînent en longueur, des descriptions longues, très longues. Mais je me suis forcée à aller plus loin car je repensais sans cesse à Christine qui nous avait dit qu’elle avait déjà lu ce livre au moins quatre fois.  Je me suis dit qu’il y avait forcément un intérêt !  Au début, on ne comprend pas grand chose à l’histoire. J’ai vraiment essayé de comprendre jusqu’au moment où j’ai décidé de lire et c’est tout, sans trop essayer de m’attarder à la compréhension de chaque phrase.  Tout ça pour dire que j’ai bien fait de poursuivre. Car, oui, ce livre est époustouflant ! Ces 300 pages seraient-elles un rite initiatique ? Une fois passées, on est vraiment récompensé. Oui, on ne peut le nier, il n’est pas facile à lire, mais il faut s’accrocher. J’ai dû faire plusieurs pauses en cours de lecture. C’est un livre touchant, poétique, un livre à couper le souffle. Le lire est tout simplement une expérience, que l’on n’est pas prêt d’oublier…

Sandrine a remercié Christine de lui avoir fait découvrir ce roman. Elle ne l’aurait jamais lu de son propre gré et pense qu’elle serait passé à côté de quelque chose.  Elle me rejoint sur plusieurs points : le cap des 300 pages, accepter de ne pas tout comprendre au début, le côté poétique, un livre époustouflant. Même si elle l’a trouvé parfois anxiogène, surtout au début

Je ne peux que vous le recommander et je comprends pourquoi Christine l’a déjà lu plusieurs fois.

L’auteur

Alain Damasio est né à Lyon en 1969. D’abord auteur de Nouvelles, il écrit son premier roman, La zone du dehors, en 1999. La Horde du Contrevent est son second roman, écrit en 2004 et récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire en 2006. Il écrit peu et consacre plusieurs années à l’écriture de ses livres.


La Horde du Contrevent, Alain Damasio, Folio SF, 2004, 701 pages. ISBN: 978-2-07-045825-7