Ce livre d’Amélie Nothomb n’était dans PAL que depuis peu. Je l’ai acheté au salon du livre en mars dernier. Beaucoup de personnes parlent de cette auteure comme d’un écrivain à la plume inégale. Apparemment ses premiers romans seraient de meilleure qualité que ceux qu’elle a écrit plus récemment. Nous le savons, elle n’écrit pas moins d’un livre par an.

J’aime bien le personnage et puis j’avais lu il y a plusieurs années sont fameux Stupeurs et tremblements, un livre qui m’avait beaucoup plu. Depuis, j’avais envie de la lire encore, mais je n’avais jamais franchi le pas.
Lors de mon passage au salon du livre, j’en ai profité pour acheter deux livres d’elle. Je l’ai même vue alors qu’elle était en séance signature. J’aurais aimé échanger quelques mots avec elle, mais pour cela il aurait fallu faire une queue de plusieurs heures, mais je n’en ai pas trouvé l’envie.

Bref. J’ai donc lu Métaphysique des tubes.

Amélie Nothomb - Metaphyqique des tubes

Les premières phrases

Au commencement il n’y avait rien. Et ce rien n’était ni vide ni vague : Il n’appelait rien d’autre que lui même. Et Dieu vit que cela était bon. Pour rien au monde il n’eût créé que que ce fût. Le rien faisait mieux que lui convenir : il la comblait.
Dieu avait les yeux perpétuellement ouverts et fixes. Ils n’y avait rien à voir et Dieu ne regardait rien. Il était plein et dense comme un oeuf dur, dont il avait aussi la rondeur et l’immobilité.

Résumé

Nous voici face à un récit autobiographique. On y retrouve Amélie entre zéro et trois ans. Elle vit au Japon et durant les premières années de sa vie, c’est une enfant plus que calme. Elle ne pleure jamais, elle ne parle pas, elle ne bouge pas. Son entourage l’a surnommée « la plante ». Elle-même se considère comme un « tube ». Mais elle pense, puisqu’elle nous fait part de ses réflexions sur tout ce qui l’entoure. C’est sa grand-mère, à l’aide d’un morceau de chocolat, qui lui fera sortir enfin un son de la bouche.

Mon avis

A lire le titre on s’attend à ce que ce livre soit un livre philosophique. Il l’est un peu en effet, mais c’est un style philosophique agréable à lire ; un style léger. D’ailleurs cela me convenait bien. Je n’avais pas trop envie de lire un roman au style trop lourd. Mais le côté philosophique, du moins c’est ce que je pense, n’apparaît qu’au début du livre.

Ce que j’ai beaucoup aimé c’est la manière dont elle raconte cette histoire. Elle emploie le second degré et j’ai bien apprécié ses pointes d’humour qui étaient bien là sans qu’on ne s’en rende vraiment compte. Elle a une façon simple et naturelle d’écrire les choses. Elle invente de nouveaux mots. Elle dit ce qu’elle pense sans passer par quatre chemins : « …les garçons sont moches… » J’ai plus d’une fois souri. Elle prend sa famille un peu de haut (voire pour des gens inférieurs) et je trouve ça très marrant venant d’une gamine de quelques années :

Ils ne savaient pas que, dans ma tête, je parlais depuis longtemps. Mais il est vrai que dire les choses à haute voix est différent : cela confère au mot prononcé une valeur exceptionnelle. On sent que le mot est ému, qu’il le vit comme un signe de reconnaissance, qu’on lui paie sa dette ou qu’on le célèbre. Voiser le vocable « banane », c’est rendre hommage aux bananes à travers les siècles.

A un certain moment je me suis toutefois demandé comment elle pouvait avoir autant de souvenirs de sa petite enfance. Moi-même je n’en ai pas de si concrets. Elle a donc du inventer pas mal de choses avec peut-être certaines anecdotes que sa famille a dû lui raconter. Et puis je me suis dit qu’après-tout c’est un roman. Alors pourquoi ne pas inventer des histoires autour de sa vie.

Il faut noter qu’elle n’y va pas de mains morte avec sa famille qu’elle nous présente finalement tout au long de ce petit livre. Je me suis demandé comment ils ont pris la chose. Mais probablement tout ceci est du second degré et il l’auront compris. Du moins je l’espère…

Elle nous livre aussi de manière sous-jacente son amour pour le Japon, son attachement à sa nounou Japonaise.

C’est un petit livre agréable à lire, pas de la grande littérature. Je l’ai apprécié.

L’auteure

Amélie Nothomb, Salon du livre, Paris 2014

 

Amélie Nothomb est une auteure Belge née en 1966. Le métier de son père (ambassadeur) fait qu’elle a vécu longtemps à l’étranger (Chine, Japon, US…). Elle ne connaît finalement son pays natal qu’à l’âge de 17 ans. Elle y poursuit ses études pour obtient une agrégation en philologie romane. Elle écrit son premier roman Hygiène de l’assassin en 1992. Elle est alors vivement critiquée, on met en doute le fait qu’elle ait écrit ce roman toute seule alors qu’elle est si jeune.  Depuis, chaque année, la rentrée littéraire ne se fait jamais sans qu’un de ses nouveaux romans soit publié.


Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes, Albin Michel, Livre de poche, 2000. ISBN: 978-2-253-15284-2

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