Couverture Françoise Sagan, Bonjour tristesse

Françoise Sagan, Bonjour tristesse

Alors voilà. Françoise Sagan je la connais depuis longtemps. La connaître n’est pas tout à fait juste, disons plutôt que j’en ai évidemment entendu parler. Mais je n’ai jamais trouvé l’envie de la lire. Jusqu’au jour où j’ai entendu une émission de radio avec son fils Denis Westhoff, où il expliquait qu’il avait accepté l’héritage de sa mère, qui s’élevait à plus d’1 millions d’euros de dettes, si mes souvenirs sont bons. Délaissée par les éditeurs français (probablement à cause de ses déboires qui ont terni son image), Sagan n’a plus été publiée en France. Elle l’a été beaucoup plus à l’étranger où ses livres ont connu un grand succès. Denis Westhoff a tout fait pour qu’elle soit à nouveau éditée dans notre pays. Outre le fait de rétablir la notoriété de sa mère, ces nouvelles publications vont l’aider à éponger ses dettes.

Vous le savez si vous me lisez sur ce blog, je suis mauvais public en matière de livres à succès. Vous n’êtes pas sans savoir que Bonjour tristesse a rencontré un grand succès à sa sortie dans les années 50. C’est donc avec un peu d’appréhensions que j’ai ouvert le livre qui trônait dans ma bibliothèque depuis quelques temps. Avant de vous donner mon avis sur la chose, faisons un petit résumé de l’histoire.

Les premières phrases…

Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C’est un sentiment si complet, si égoïste que j’en ai presque honte alors que la tristesse m’a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l’ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd’hui quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres.

En résumé…

Cécile a perdu sa mère très jeune. Elle sort de pension à 15 ans et commence à vivre avec son père qu’elle n’a jamais vu jusque là. Ce père, veuf depuis quinze ans, collectionne les conquêtes. Elle a 17 ans aujourd’hui et nous la retrouvons en vacances sur la Côte d’Azur avec son père et sa maîtresse Elsa.
Les vacances se passent dans une villa luxueuse, proche de la plage. Elle va faire la connaissance de Cyril, une jeune homme dont elle va s’éprendre et avec lequel elle connaît ses premiers ébats amoureux. L’arrivée d’Anne, une amie de sa mère, va quelque peu bouleverser leur routine estivale. Anne est une femme un peu guindée, mais pour laquelle Cécile éprouve une certaine admiration.

Mon avis…

J’ai adoré ce livre. J’ai tout aimé. J’ai adoré la tournure des phrases. Leur fluidité. L’ambiance très nouvelle vague. J’ai vécu l’histoire, me suis vue dans cette villa, sur la plage. C’est un livre fort où l’on voit où les manigances d’une adolescente égoïste et gâtée peuvent mener. Elle n’est qu’une enfant qui ne mesure pas la portée de son plan qui aura des conséquences dramatiques. Aujourd’hui c’est un livre qui passerait inaperçu tant il fait preuve de modernisme. Tout en tournant les pages, je n’ai cessé de penser au fait que ce livre a été écrit dans les années 50 et par une une fille de 18 ans. C’est d’ailleurs difficile à croire.
Je ne vais pas m’arrêter là. Je ne vais pas oublier cette rencontre, ô combien tardive,  avec Françoise Sagan. Comment ai-je pu passer à côté de cet auteure ? On va dire que c’est à cause de son éditeur qui n’en n’a pas fait la promotion en France…

Quelques mots sur l’auteur…

Françoise Sagan, de son vrai nom Françoise Quoirez,  est née en 1935 et est décédée en 2004. C’est une petite fille plutôt effrontée issue d’une famille bourgeoise. Bonjour Tristesse est publié en 1954 et connaît un vif succès. C’est une femme moderne qui vit hors de son temps. Elle gagne beaucoup d’argent qu’elle dépense dans les casinos. Mais elle finit sa vie désargentée et malade.